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18 Août

La Coopérative de développement de Racine

Quand la communauté est le moteur de développement d’un village

À Racine, un fort et large noyau de la population s’unit afin de réaliser des projets et de mettre sur pied des entreprises, pour le plus grand bien de sa communauté et de la région. Voici l’histoire d’un village qui ose rêver et concrétiser ses projets, le tout dans le plaisir![1]

Dans cette municipalité de quelque 1200 âmes, les projets se chevauchent continuellement et tout le monde met la main à la pâte pour les structurer, les mettre en place et les faire vivre. Au fil des ans, la communauté a repoussé des barrières a priori infranchissables et a su se réinventer. Son secret? Confier le développement aux bons soins de sa population et de ses organismes!

La naissance de la Coopérative de développement de Racine

Autrefois à Racine, l’assemblée générale annuelle de la caisse offrait aux citoyens l’occasion d’échanger sur les priorités du village et de décider ensemble quels allaient être les projets à mettre en place. La caisse avait même créé des ristournes collectives afin de financer les initiatives de la population. Le conseil d’administration de la caisse, suivant les orientations de ses membres, mettait en place des programmes variés, comme encourager les jeunes familles ou entreprendre un projet pour les aînés. Quand la caisse a fusionné en 2003, les citoyens ont perdu leur levier d’action collective. Le soir même de la fusion, ils se sont réunis et ont créé la Coopérative de développement de Racine. Celle-ci allait succéder au conseil d’administration de la caisse et ainsi permettre à un groupe de personnes engagées d’assurer le suivi des projets et de continuer à faire vivre la communauté par l’entremise d’initiatives de toutes sortes.

Un apprentissage inestimable

À partir de ce moment, la coop allait rassembler les organismes du milieu pour mener à bien les projets communs. Cela a pris trois ans et un projet très concret afin de souder l’équipe. En 2006, la coopérative s’est vu confier l’organisation du centenaire de Racine. En un an, les membres ont réalisé pas moins de 26 activités! À la fin de l’année, ils avaient appris à travailler ensemble.

La Coopérative de développement de Racine a lancé plusieurs projets, dont le Marché Locavore, un marché public très fréquenté par la population locale. Cette initiative rassembleuse a contribué à renforcer l’image de la communauté. « À Racine, les projets sont accueillis. On en parle, on les structure, on les entreprend. Ces étapes se franchissent souvent sous la responsabilité de la coopérative », explique Gaston Michaud, figure de proue dans la communauté.

À la jonction du communautaire et de l’économique!

« On n’a jamais pensé à faire de l’économie sociale! On voulait répondre à nos besoins », explique Micheline Jeanson. Cette mobilisation est caractéristique chez les entreprises d’économie sociale : tout le monde travaille de concert afin de satisfaire des besoins communs. Et dans certains cas, la réponse aux besoins s’articule autour de projets d’entreprises, comme le marché public et la maison d’aînés. « Dans ma tête, explique monsieur Michaud, je n’avais rien fait d’économique à Racine. Pourtant, il est vrai que ces projets représentent tout un développement économique! La Brunante a permis aux aînés de se loger et à de jeunes familles de s’installer dans les maisons inoccupées. »

Le pouvoir d’une population

Au fil des ans, les habitants de Racine ont compris bien des choses. D’abord, réussir en écoutant les besoins et en étant ouvert aux nouvelles idées, c’est essentiel. Les initiatives proviennent des suggestions de la population et visent à répondre aux  besoins évoqués par celle-ci.

Au fil des projets, les Racinois et Racinoises ont aussi réalisé que réussir en s’amusant, c’est possible. Chaque projet est une occasion de se rassembler, de donner vie à la communauté et de valoriser les talents locaux. « On connaît les talents du milieu et on sait aller chercher les talents dont on a besoin. On a fait un arbre des savoir-faire », explique Mariette Bombardier.

Le sens du mot visionnaire

Pour les membres de la Coopérative de développement, un vrai visionnaire ne fait pas qu’anticiper l’avenir : il présente des idées qui dépassent ce qui est donné à l’heure actuelle. Il fait quelque chose de neuf avec ce qu’il a sous la main. Selon Gaston Michaud, pour développer une communauté, « on doit se demander si on le veut vraiment et, si tel est le cas, on l’aura. »

Surmonter les défis et réussir ensemble

Si les Racinois et Racinoises admettent avoir connu beaucoup de succès avec leurs nombreux projets, ils s’accordent pour dire que ça n’a pas toujours été facile. La fatigue se fait parfois ressentir et le temps vient à manquer. Cela dit, leur esprit d’entraide les aura sortis de bien des situations difficiles. La satisfaction que chacun en retire après coup encourage le groupe en entier à toujours mettre le cap sur de nouvelles aventures. Comme l’explique Gaston Michaud, « pour arriver à avancer, à innover, ça prend une idée. Pour qu’il y ait une communauté, ça prend quelqu’un qui a une idée de communauté. L’idée que [ces projets-là] on va les faire ensemble, au profit de tout le monde. Si personne n’a cette idée-là, il n’y aura jamais de communauté ». Il ajoute : « Il n’y a rien de plus fort qu’une bonne idée qui arrive à son heure. »

 

[1]Merci à Gaston Michaud, Mariette Bombardier et Micheline Jeanson, membres de la Coopérative de développement de Racine d’avoir partagé leur expérience avec nous.

1 Comment

  • Marc Ducharme
    19 août 2014 at 14 h 30 min

    Article très intéressant où plusieurs communautés ont intérêt à évaluer comment on se prend en main pour assurer son avenir. J’ai eu la chance de discuter avec monsieur Michaud et un se ses collègues de la coopérative lors d’une activité de représentation, la semaine dernière et je dois vous avouer qu’avec une telle dynamique, il est bien difficile de penser que leur projet collectif puisse échouer. Félicitations à cette gang qui n’a pas laissé passé le train.

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