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Pôle d’entrepreneuriat collectif de l’Estrie  / Conseils  / Comment mieux se différencier pour l’économie sociale? par Frédéric Parissier
27 Juin

Comment mieux se différencier pour l’économie sociale? par Frédéric Parissier

L’économie sociale doit évoluer pour mieux mettre en avant les qualités de ses origines.

Comment améliorer la perception de mes produits ou de mes services?

Faire la différence aux yeux des clients! Une volonté affichée par de nombreuses organisations mais que peu d’entre elles mettent en pratique.

 Au départ, pour améliorer la perception de votre offre, il est nécessaire d’identifier ce que vous offrez de différent et qui a un sens pour les clients.

 Par exemple, des produits laitiers issus de fermes du Québec n’ont pas parcouru des milliers de kilomètres et sont donc plus respectueux de l’environnement, ce qui peut être une source de différenciation intéressante pour des clients potentiels.

De plus, ces produits peuvent gagner la faveur des consommateurs qui ont confiance dans un système de production locale, proche de chez eux et qui encourage l’économie et le développement de leur région. Les clients peuvent aussi rechercher dans leur consommation une forte réduction du risque d’utiliser des produits qui pourraient être nocifs pour leur santé

 Un autre exemple probant est celui d’un café coopératif local qui fournit des emplois sur place et collabore avec des partenaires de proximité, comparativement à des chaînes nord-américaines où les matières premières voire même les produits finis sont importés des États-Unis et ne contribuent donc pas à l’économie locale. Un bar – café local avec une démarche locale, c’est développer notre région avant tout.

 Il est donc important de chercher ce qui est différent et ensuite de voir en quoi cela a du sens pour un client. Il est clair maintenant que tous les clients ne seront pas sensibles de la même manière à cette différenciation. On peut le constater avec certaines épiceries ou super centres américains qui recueillent environ 30% de la clientèle québécoise parce qu’ils proposent des prix très compétitifs.

Le second volet de la différenciation est de mettre en valeur ce qui constitue la source de cette différenciation. Il faut en effet désigner ce qui est à la base de la différence, le communiquer et surtout le valoriser ou encore le faire apprécier de ceux à qui il est destiné. En effet, l’erreur courante, surtout avec les entreprises de l’économie sociale, c’est de négliger cet aspect pourtant fondamental. Souvent les gestionnaires disent « les membres le savent que nous sommes une coopérative… Ils ont payé leur cotisation … ». Le choix de l’économie sociale est effectivement souvent un choix assez conscient au départ mais au fil du temps on l’oublie.

Il est donc important de rappeler régulièrement cet avantage que constitue la différence positive ou les différences positives de votre organisation. 

Comment?

Par des affiches, par un rappel sous forme d’un document écrit, par une information sur le site internet, par l’entremise de personnes reconnues et populaires et qui peuvent transmettre les messages … et surtout ne pas hésiter à rappeler ces messages plusieurs fois.

L’économie sociale dispose souvent d’une différenciation « éthique », et d’une différenciation de « développement local durable ».  Pourquoi ces messages forts ne sont-ils pas plus présents dans notre démarche?

Par exemple, il faut vraiment chercher dans le site internet (http://www.feuillatte.com/ ) de cette excellente coopérative de Champagne (France) pour trouver la référence à son origine (« union de producteurs ») et pourtant cette organisation valorise parfaitement le travail de ses membres, elle a un souci de la qualité et du développement durable qui la démarque de ses concurrents (multinationales).  

 La différenciation éthique repose par exemple sur ces deux idées fortes : « une coopérative ne fait pas de bénéfices pour des actionnaires à l’autre bout du monde » et « une coopérative optimise les coûts pour mieux servir ses membres ».

 Si cela était réellement clair et évident pour les consommateurs, le choix entre par exemple un café supporté par une multinational américaine et l’autre adossé à une coopérative locale serait facile …Or nous avons tous et toutes que ce n’est pas le cas. Si nous communiquons plus nettement sur nos facteurs positifs, les clients de l’économie sociale seraient sans doute plus nombreux et plus fidèles.

 Actuellement, mis à part le mouvement Desjardins qui a fait des efforts pour nous rappeler sa structure coopérative (et donc les réinvestissements dans les activités locales), peu d’organisations de l’économie sociale osent mettre en avant cette différenciation avec ses facettes positives. Le site ci-dessous vous aide à visualiser cet exemple  

http://www.desjardins.com/fr/a_propos/profil/engagement/responsabil…

Ce billet pourra vous surprendre, voir ne pas être en phase avec vos approches, vos convictions ou vos valeurs … La voie à privilégier est souvent le fruit d’une réflexion nuancée et qui fait la synthèse de multiples approches ou points de vue.

 

 

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