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Pôle d’entrepreneuriat collectif de l’Estrie  / Activités  / Et si les communautés se réappropriaient le patrimoine en lui donnant une vocation de service au milieu pouvant générer des revenus
11 Nov

Et si les communautés se réappropriaient le patrimoine en lui donnant une vocation de service au milieu pouvant générer des revenus

Cela s’est vu à plus d’une reprise au Québec, une communauté qui se mobilise pour préserver un bâtiment et qui trouve une nouvelle vocation qui permet à la fois de répondre à des besoins de la communauté, de créer du dynamisme local et de générer des revenus par la vente des biens et services. Quelques précisions.

Des exemples inspirants

On n’a qu’à penser à St-Camille, où le magasin général, le presbytère et l’église ont changé de vocation tout en demeurant des lieux de rencontre et de service à la population, générant leurs propres revenus d’opération. À St-Venant-de-Paquette, où l’église a été un point de départ, mais qui a mené au développement des sentiers poétiques mettant en valeur le patrimoine naturel de la région. À Granby, la Ferme Heritage Miner, est née d’un désir de préservation des boisés et des anciens bâtiments situés au cœur de la ville, et de citoyens assez tenaces pour réaliser cette vision et l’ancrer auprès d’un grand nombre d’acteurs du milieu.

Portrait de la situation

Selon une récente enquête du Conseil du patrimoine religieux du Québec (CPRQ), nous avons fermés, vendus, transformés ou démolis 72 lieux de culte au Québec en 2014. En Estrie, il y a 48 lieux de culte sur les 228 dénombrés par le CPRQ qui sont en mutation, ce qui représente 21% d’entre eux.

L’enquête révèle que les édifices ayant une valeur patrimoniale importante sont davantage touchés qu’avant.  Dans son communiqué de presse du 6 novembre 2014, le CPRQ indique qu’il « juge cette situation très préoccupante car elle révèle la difficulté grandissante de trouver une nouvelle vocation aux lieux de culte, d’autant plus que ceux-ci ferment à une vitesse sans cesse grandissante ».

Au sujet des acheteurs de lieux de culte, on constate que les propriétaires privés demeurent les principaux acheteurs, suivis par les municipalités. Les entreprises d’économie sociale et les organismes communautaires représentent environ 11% des acheteurs. Toutefois, il y a parfois aussi des partenariats qui sont possibles entre les municipalités, qui achètent les édifices, et les entreprises d’économie sociale, qui opèrent à l’intérieur.

bannière églises

Économie sociale et patrimoine : une combinaison gagnante

Le 29 octobre dernier, le comité d’économie sociale de Memphrémagog a tenu un forum afin d’illustrer le rôle que peut jouer l’économie sociale dans la préservation et la mise en valeur du patrimoine. Lors de ce forum, nous avons parlé de patrimoine religieux, mais aussi de patrimoine culturel, social et environnemental. À travers les interventions de M. Donald Thompson, propriétaire du train touristique l’Orford Express et prêtre à Magog, M. Denis Boucher, chargé de projets au Conseil du Patrimoine religieux du Québec et de Mme Caroline Gosselin, fondatrice et directrice générale de la Ferme Heritage Miner de Granby, nous avons démontré que l’économie sociale était un levier très intéressant pour permettre aux communautés de s’approprier le patrimoine, de lui donner une nouvelle vocation utile socialement et permettant de générer des revenus contribuant à sa préservation et à sa mise en valeur.

Un constat commun

Les bâtiments patrimoniaux ou ancestraux de même que certains espaces naturels,  ont une valeur sentimentale pour la population, mais aussi plusieurs qualités en termes d’architecture et de localisation. On pense souvent que le coût d’acquisition et de rénovation de l’édifice est le principal obstacle à sa transformation, mais en fait, c’est souvent le manque de planification et le manque d’outils qui mènent à la fermeture ou à la démolition des bâtiments.

En effet, l’enquête du CPRQ de même qu’une étude réalisée avec le soutien de la Caisse d’économie solidaire en 2009 montre qu’au contraire, les coûts d’acquisition avantageux facilite l’achat par les groupes communautaires et d’économie sociale et que les bâtiments peuvent servir à une grande variété de nouveaux usages. Les bâtiments peuvent devenir des bibliothèques, des musées et des salles de spectacles, certes, mais de plus en plus, on y retrouve des logements, des centres communautaires et culturels, des plateaux sportifs, des garderies, des restaurants et bien souvent, des espaces multifonctionnels avec un peu de tout à l’intérieur.

Quelques outils et conseils

L’étude de Paul Montmigny, réalisée en 2009 avec le soutien de la Caisse d’économie solidaire, présente divers modèles de régime de propriété avec des exemples concrets de leur mise en application (coopérative, OBNL, fondation, fiducie, emphytéose, servitude, propriété privée, partenariats avec les municipalités). Elle dégage aussi certains facteurs de réussite.

1.       La détermination consensuelle de la prochaine vocation doit précéder la réflexion sur l’identité et la nature juridique du prochain propriétaire.

2.       Le temps est un facteur de réussite pour arriver à ce consensus et bien analyser et planifier le projet.

3.       Il faut accorder beaucoup d’importance aux communications.

Donner une nouvelle vocation à un lieu patrimonial en utilisant le levier de l’économie sociale peut être une belle aventure pour votre communauté et permettre de créer un nouveau dynamisme social, culturel et économique dans le milieu pour les années à venir.

Vous voulez en savoir plus?

Deuxième vie, enquête réalisée par Paul Montmigny avec le soutien de la Caisse d’économie solidaire

Des églises réinventées à Montréal, six études de cas par le Conseil du patrimoine religieux du Québec

Situation des lieux de culte en mutation au Québec, Conseil du Patrimoine religieux du Québec

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L’économie sociale pour développer les communautés

 

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